Carnet de voyage de Murielle et Lysiane, en Novembre 2006


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Mardi 14 Novembre



Arrivée à Téhéran par le vol Air France AF554 à 21h45, heure locale (2h30 de décalage). Nous avons été traitées comme des «Reines» en première classe. Débarquement et passage de la douane classique,  «no problem». Nous avons rejoint Yannick et avons eu notre première vision nocturne de Téhéran.





Mercredi 15 Novembre


Journée d’acclimatation avec Yannick. Le matin, découverte d’un super marché et de petits commerces. L’après-midi, après déjeuner, promenade à pieds jusqu’au bazar de Tajrish, visite et premières emplettes. Au retour, arrêt dans un coffee shop. La tenue vestimentaire des femmes est très variable. Soit petit foulard et tunique mi-cuisses, soit un grand voile noir qui recouvre tout le corps (le djihab). Atmosphère sécurisante dans les rues, mais toutefois présence utile de Yannick pour marchander au bazar. Le soir, repas au restaurant. Cuisine internationale de bonne qualité. Le voile se supporte très bien dehors, mais est un peu chaud au restaurant. Mais surtout c’est le manteau, pour manger, le plus gênant.


Jeudi 16 Novembre


Yannick travaille et nous sommes livrées à nous-mêmes. Pas de problème, les sites à visiter sont recensés pour la journée et à 09h30, le chauffeur de Yannick vient nous chercher pour nous emmener au parc de Niyavaran. Visite de deux musées et d’un palais avec les explications d’un guide féminin pour nous deux dans le palais : en anglais. Le temps est ensoleillé avec un beau ciel bleu. Nous prenons des photos selon nos envies, sans flash à l’intérieur. Dehors, nous prenons quelques photos parfois insolites.
Transfert du parc de Niyavaran jusqu’au parc Sad Abad dans la voiture d’un Français travaillant en Iran, qui nous a proposé de partager son taxi. Facilité et grande chance pour nous.
Sad Abad est un parc avec différents pavillons.Nous visitons le pavillon Mellat et le Green palace. Nous poursuivons ensuite par une visite du parc. De nombreuses rencontres avec de jeunes Iraniennes et des échanges en anglais.
Après notre visite, retour à pieds chez Yannick. Cela nous prendra environ une heure. Nous avons osé faire notre propre expérience du marchandage et avons fait quelques achats toutes seules dans le quartier précédemment visité avec Yannick.


Vendredi 17 Novembre


Aujourd’hui, nous sommes prêtes à 05h30. Mohamad nous attend pour notre voyage vers le cœur de l’Iran et l’ancienne ville royale. Mais voila, ce sera aussi notre journée « pas de chance ». Après avoir traversé un paysage nouveau pour nous, entre montagne, désert, steppe ou toundra nous somme arrivés à Ispahan vers 10h00 pour découvrir la Place Royale ou place de l’Imam. Nous en avons plein les yeux car la place est immense, 500 m de long par 150 m de large, deux mosquées, un palais et la superbe entrée d’un immense bazar. Nous pouvons la qualifiée de « Royale ». Vers 11h00, nous sommes pressés par les militaires pour évacuer les échoppes qui doivent fermer pour la prière du vendredi. Et oui, nous sommes le vendredi « pas de chance ». Les mosquées seront inaccessibles jusqu’au début de l’après-midi et le bazar est fermé. Nous n’avons plus qu’à nous diriger vers un autre site sur Ispahan. Mais c’est alors que nous rencontrons « Zizou » qui va nous prendre en main pendant plus d’une heure.
Après la visite de son échoppe, il vend des tapis, et après avoir bu le thé traditionnel, écouté ses explications sur les tapis, « Zizou » nous fait découvrir la face cachée de la place nous expliquant plein de choses sur la magnifique mosquée Masdjed-e-châh. Nous contournons la mosquée ce qui nous permet certaines prises de vue que nous n’aurions pas imaginé faire. Nous le quittons sans avoir acheté de tapis, mais l’intermède a été très sympathique, pour aller déjeuner. Ensuite, nous essayons de visiter le palais aux 40 colonnes situé dans un magnifique parc, mais « pas de chance », le parc est fermé. Mohamad nous emmène alors à la découverte des fameux ponts d’Ispahan.
Nous nous arrêtons en premier au Si-o-seh Pol qui enjambe la rivière Zâyandeh-rud. Il est constitué de 33 arches et deux étages. Il est magnifique. Le bord de la rivière est un lieu très prisé, presque estival en ce mois de novembre avec une température très agréable. Il y a beaucoup, beaucoup de monde qui profite du soleil au bord de l’eau ou sur des pédalos. Après ce premier pont, il y en a quatre, nous nous dirigeons vers le plus célèbre des ponts d’Ispahan, le Pol-e-Khâdja construit par Shâh Abbas II. Il est constitué de 24 arches et aussi de deux étages. La lumière est très belle. Nous traversons à pieds ce pont magnifique. Mohamad nous guide ensuite vers les célèbres Manar Jombân ou minarets tremblants. Ces deux petites tours à vent qui sont les ancêtres des systèmes de climatisation, sont une merveille pour les yeux, mais hélas le site est fermé. « Pas de chance ». Nous ne pourrons pas les approcher malgré la gentillesse d’un voisin qui nous a autorisé à rentrer dans son jardin pour les photographier et les admirer de l’extérieur. La journée est passée très vite et regagnant le centre d’Isaphan, nous laissons notre chauffeur se reposer tandis que nous retournons à pieds vers la place Royale. La lumière est changée et c’est une autre vision. Nous faisons quelques emplettes supplémentaires sans oublier le fameux nougat aux pistaches, la spécialité locale. Enfin, à regret, nous prenons le chemin du retour vers Téhéran, mais la route est longue.


Samedi 18 Novembre


Aujourd’hui, notre rendez-vous est plus tardif. Nous sommes prêtes pour 09h00 et retrouvons Afshin, l’ami de Yannick qui sera notre guide dans Téhéran. Nous nous rendons dans le quartier sud de la ville à proximité du grand bazar pour visiter le fameux Golestan. C’est un complexe de plusieurs palais de l’époque « Quajar », très anciens. Le palais des miroirs est fermé pour rénovation. « Pas de chance ». Nous passons un très agréable moment puis allons déjeuner au restaurant dans un hôtel que Yannick connaît.
Nous enchaînons l’après-midi par la collection des Joyaux de la Couronne au siège de la banque Melli. Nous pénétrons dans un immense coffre fort. Il y a des milliers de pierres précieuses dons certaines très belles, mais les photos sont interdites. Après cette visite, nos pas nous guident vers le grand bazar où nous ferons quelques achats, aidés par Afshin. Nous prenons même un ascenseur rudimentaire pour monter au deuxième étage d’un magasin de linge de maison et de tapis. Au centre du bazar, nous tombons sur la mosquée que nous visiterons chacun de notre côté, les hommes et les femmes étant séparés.
Nous rentrons enfin à la maison pour déposer nos achats car nous sommes invités chez Majid, le collègue et ami de Yannick. L’accueil est sympathique et nous remarquons que lui aussi est très bien logé. La table est très bonne et nous félicitons le chef pour sa spécialité Afghane à base de poulet, de mouton et de riz, le tout savamment cuisiné. Nous ne nous attardons pas, nous sentant fatigués car demain matin nous prendrons la route pour Chalus, au bord de la mer Caspienne, à 06h00. La route traverse le massif montagneux des Alborz, à plus de 3000m d’altitude. Ce massif regroupe les plus hauts sommets d’Iran dont le Damavand qui culmine à 5671m.


Dimanche 19 Novembre


Aujourd’hui, nous allons découvrir les bords de la mer Caspienne, au nord de l’Iran. Chalus nous attend. Mais pour y arriver, nous devons traverser la montagne. A 05h00, nous voilà donc debout pour partir à 06h00. A l’heure dite, nos deux chauffeurs, Afshin et Mohamad sont là. Un petit quiproquo vite réglé et Afshin retournera chez lui, … se coucher. Les premiers paysages de montagne sont superbes, mais très vite nous allons trouver la neige. Ce passage à travers la montagne représente 200 km depuis Téhéran jusqu’à la mer. Le paysage a
changé du tout au tout sous la neige. Après le côté désertique, nous voici prêtes à faire une bataille de boules de neige. Nous commençons à avoir quelques craintes pour notre retour car il ne faudrait pas que cela dure. De l’autre côté, nous trouvons une campagne verte, avec des animaux dans les champs. C’est presque la Normandie.
Arrivés à Chalus, nous allons directement voir la mer, trouvons des galets et surtout la pluie qui vient nous tenir compagnie. Nous faisons un petit tour en ville (en voiture) pour trouver un restaurant où déjeuner. Nous en profiterons pour faire un tour dans le bazar local, histoire d’augmenter notre collection de souvenirs. Après déjeuner, nous essayons, malgré le temps couvert, de prendre le téléphérique qui monte à environ 1200 m au dessus du niveau de la mer. De là haut, la vue aurait dû être superbe. La ville est une petite station balnéaire digne de nos côtes françaises. Nous ne monterons pas car le prix demandé pour les étrangers est double de celui pour les Iraniens. Nous sommes indignés et décidons de reprendre la route du retour en raison de la neige que nous avons laissé sur les hauteurs.
A près de 65 km de Chalus nous sommes obligés de faire demi-tour et de prendre une autre route. Un détour de 500 km pour rentrer à Téhéran suite à un éboulement et à la neige. Yannick travaille demain et nous n’avons pas d’autre choix. La nuit tombe et le temps passe très vite. Mohamad étant fatigué, nous allons nous mobiliser pour le garder éveillé et favoriser son repos en faisant de nombreux arrêts ce qui nous fait boire beaucoup de thé. La route ne permet pas de rouler très vite et c’est tant mieux. Mumu est terrorisée, je devrais l’être aussi, mais curieusement, ce n’est pas le cas. Je me suis programmée pour ce long chemin. En tout sur la journée, cela fera plus de 800 km, sous la pluie ou sous la neige.Pour notre dîner, la route longeant la mer, nous nous arrêtons dans un restaurant dont le coffee shop est une poupe de bateau qui s’avance sur l’eau. C’est très agréable. La mer est agitée. Le thé nous sera servi avec classe. A 80 km de Téhéran, nous retrouvons la neige car ici aussi, il a neigé et tout est blanc. Yannick continue d’ouvrir sa fenêtre régulièrement pour empêcher Mohamad de s’endormir. Nous sommes tous crevés, mais Mohamad, lui est exténué et nous nous demandons encore si notre retour a bien été raisonnable. Mais, avions nous le choix ? Il est 02h30 du matin quand nous arrivons enfin à la maison, tous sain et sauf.


Lundi 20 Novembre


Yannick est debout à 06h00. Il bosse aujourd’hui je le rappelle. Quel courage ! Quand à Murielle et moi, nous faisons un break. J’ai réclamé le droit de faire une pose « dodo » toute la matinée malgré notre court séjour. Je ne vois pas comment sinon, j’apprécierais la fin de notre séjour. Nous prenons donc notre temps en ce lundi et nous ne partons nous promener à pieds dans la ville que vers les 15h00.
Nous passons près d’une mosquée que l’on nous interdit de photographier. Nous obtempérons car il n’est pas question de se faire confisquer les appareils. Nous traversons ensuite un parc (le parc Mellat). Nous descendons toujours cette interminable rue, Vali-ye-Asr, qui mesure 28 km de long. Nous réussissons à traverser et commençons notre remontée de l’autre côté. Nous nous arrêtons au bazar de Vali-ye-Asr que Yannick connaît bien et achetons encore quelques souvenirs. Là encore, nous bénéficions de la gentillesse des Iraniens. Les touristes sont rares et nous devons dire que tout au long de notre séjour, nous avons eu le sentiment d’être appréciées. Beaucoup de curiosité, mais de la curiosité sympathique. De jeunes étudiantes n’ont pas hésité à discuter avec nous, en Anglais bien sûr, car le Français est très peu parlé. Un Iranien donc, nous aide à traverser le dernier carrefour à grosse circulation qui nous ramène chez Yannick. Ici pas de feux, les piétons s’élancent au milieu du flot de voitures. Ce qui m’effraye beaucoup, sachant qu’en France je ne traverse que sur les passages protégés et après m’être assurée qu’aucune voiture ne me disputera la priorité. Alors, ici à Téhéran, j’ai l’impression de risquer ma vie à chaque carrefour.
Au retour de Yannick, nous nous préparons pour aller manger au restaurant « Alighapoo », un restaurant traditionnel où nous écouterons de la musique inhabituelles à nos oreilles. C’est plutôt agréable et le repas est bon, même si je ne réussis pas à goûter un plat typique et dois me contenter d’un kebab.


Mardi 21 Novembre


C’est notre dernier jour et nous recevons à dîner ce soir les amis de Yannick, Majid, Afshin et Elham. Nous profitons de notre dernière matinée pour visiter le musée du Verre et de la Céramique que nous apprécions beaucoup. Nous faisons le déplacement en taxi. Celui qui nous ramène est une véritable poubelle, mais le moteur tourne. En chemin nous achetons les petites choses qui manquent pour le dîner et rentrons déjeuner à la maison. Il est temps de commencer nos valises qui semblent avoir rétrécies. J’aurai du mal à tout rentrer dedans et bien qu’ayant confié un peu de vêtements à Mumu, je devrai prendre l’avion avec un sac en plastique à la main en plus de mon sac à dos. Puis nous ressortons pour retourner au bazar de Vali-ye-Asr pour acheter les turquoises que nous voulons ramener, chez le marchand habituel de Yannick. Le vendeur étant absent de sa boutique, nous ne pouvons négocier et laissons donc ce soin à Yannick qui reviendra en fin de semaine. Nous faisons mettre nos pierres de côté. De retour à la maison, nous préparons le dîner et bouclons nos valises (Note de Yannick : 2h30 ont été nécessaires pour faire ces valises). Nos invités arrivent. La soirée se passera bien, mais la communication n’est pas facile. Le fois gras de Denis ne fait pas l’unanimité chez nos invités qui découvrent cette saveur nouvelle pour eux. Mais le poulet à la Normande leur plaira beaucoup. Nous échangeons quelques cadeaux avec Afshin et Elham. C’est très sympathique.
Mais l’heure de nous séparer approche et notre taxi Mohamad arrive. Notre semaine est passée très vite, il y avait tellement de choses à voir et nous n’en aurons vu que si peu. Le port du foulard a été bien sûr ennuyeux, mais plus les jours passaient, moins je me suis formalisée. J’ai abandonner les barrettes qui retenaient ce foutu foulard qui glissait sans arrêt, ayant opté comme les jeunes Iraniennes qui le portent à la paysanne, de le replacer régulièrement. Nos cheveux n’ont pas aimé et nous avions une tête horrible à chaque fois que nous le quittions. Mais bon, nous n’étions pas là pour draguer, heureusement !
Les médias ne nous avaient pas rassurées et notre voyage en inquiétait beaucoup mais en fait, c’était un voyage touristique comme un autre…

(Note de Yannick : les dernières paroles de Lysiane avant de quitter l’appartement, le chauffeur nous attendait, quand je lui ai demandé ce qu’elle faisait, ont été les suivantes « Je dis au revoir à la chambre »).

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Mise à jour le 11.11.2015
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